Jeanne d'Evreux (v.1307-1325)
Reine de France, troisième épouse de Charles IV le Bel
Née aux alentours de 1310, Jeanne d'Évreux est le dernier enfant de Louis d'Évreux et de son épouse Marguerite d'Artois, qui décède prématurément dès l'année suivante. Par son père, elle est une petite-fille du roi Philippe III le Hardi, une nièce du roi Philippe IV le Bel et une cousine du roi Charles IV le Bel, son futur époux.
Cette proche parentèle n'empêche pas le pape Jean XXII de donner son accord pour le mariage et de délivre la dispense nécessaire à cette union. La date du mariage est contreversée (1324 ou 1325 ?) , mais Jeanne devient bien la troisième épouse de Charles IV qui n'a toujours pas d'héritier mâle. Jeanne d'Évreux est couronnée reine de France le 11 mai 1326 en la Sainte-Chapelle.
Jeanne donne deux fillesau roi et est une troisième fois enceinte. Charles IV ne connaîtra jamais le sexe de l'enfant puisqu'il meurt le 1er février 1328.
Immédiatement après cette mort, son cousin Philippe de Valois s'empare de la régence du royaume en attendant que Jeanne d'Évreux accouche et de déterminer qui sera roi de France et de Navarre si l'enfant à naître est une fille. Finalement, deux mois plus tard, le 1er avril 1328, Jeanne donne naissance à une fille, prénommée Blanche. En vertu de la "loi salique" qui exclut les femmes du trône de France, Philippe de Valois revendique la couronne en tant que plus proche parent mâle du roi défunt. Les barons se réinussent Philippe de Valois est reconnu roi de France sous le nom de Philippe VI, avant d'être sacré à Reims le 29 mai suivant.
Jeanne, femme douce et discrète n'a plus sa place à la cour. Elle se retire et se tourne vers le nécénat dans les domaines de l'enluminure, de la sculpture, de l'orfévrerie et de l'architecture.
Jeanne d'Évreux s'éteint finalement à un âge assez avancé, le 4 mars 1371 dans son château de Brie-Comte-Robert, devenu sa résidence préférée pendant son veuvage. Elle est alors inhumée en la nécropole royale de la basilique de Saint-Denis aux côtés de son époux, tandis que son cœur est déposé dans l'église des Cordeliers de Paris, et ses entrailles à l'abbaye de Maubuisson. Son tombeau à Saint-Denis est profané le 25 octobre 1793 par les révolutionnaires.