Louis XV le Bien-Aimé, (1710-1774)

Roi de France et de Navarre (Louis IV) de 1715 à 1774

Louis XV (1710-1774), roi de France de 1715 à 1774Né et mort à Versailles (15 février 1710 - 10 mai 1774), prénommé Louis, il est le troisième fils du duc de Bourgogne, second Dauphin, et de Marie-Adélaïde de Savoie.  Il porte le titre de duc d'Anjou puis celui de Dauphin à la mort de son frère ainé Louis en 1712. Il hérite de sa couronne à l'âge de cinq ans et demi, le 1er septembre 1715, et prend le nom de Louis XV

Il est confié à Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, surintendant de son éducation, à André Hercule Fleury, son précepteur, au duc de Villeroy, son gouverneur. Fleury lui fait donner une excellente instruction avec des professeurs de choix tel le géographe G. Delisle. Le jeune Louis  est un esprit curieux et ouvert, un lecteur assidu et éclectique. Homme du "siècle des Lumières", passionné de sciences et de techniques, il favorisera la création de chaires de physique (1769) et de mécanique (1773) au Collège de France.

On peut diviser le règne de Louis XV en cinq périodes distinctes : la première de 1716 à 1726, avec  la régence du duc Philippe d'Orléans que remplace en 1723 le duc Louis IV Henri de Bourbon-Condé ; la seconde de 1726 à 1741 avec le cardinal Fleury ; la troisième de 1743 à 1748 avec la guerre de la succession d'Autriche ; la quatrième de 1748 à 1763 avec la guerre de sept ans et ses préliminaires ; la cinquième de 1763 à sa mort en 1774.

Le rôle actif du roi ne commence qu'en 1741. Son éducation,  est médiocre. C'est un enfant très capricieux, élevé par Fleury pour lequel il aura tout le long de sa vie de la reconnaissance. Intelligent, mais paresseux, il a toujours quelque hésitation à imposer sa volonté dans les conseils, jusqu'au jour où il a avec ses agents spéciaux, dont le comte de Broglie, sa politique personnelle, contrecarrant la politique officielle, ce qu'on a appelé le "secret du roi".

Pendant la minorité du roi, Philippe d'Orléans gouverne le royaume. Il rend au Parlement son droit de remontrance ; il remplace les secrétaires d'Etat par des conseils composés de membres de la noblesse ; il autorise la tentative de l'Ecossais John Law, et le nomme même contrôleur général en 1720. A l'extérieur, il se rapproche de l'Angleterre, sur les conseils de l'abbé Dubois, avec la Triple Alliance signée à La Haye en 1717, et  déclare la guerre à l'Espagne suite aux agissements du ministre Albéroni

Marie Leszczynska - Musee du Chateau de VersaillesA la majorité du roi en 1722, l'abbé Dubois et le duc Philippe d'Orléans deviennent successivement premiers ministres ; ils sont remplacés en 1728 par le duc de Bourbon. Celui-ci se laisse dominer par sa maîtresse, la marquise de Prie ; il reste l'allié de l'Angleterre et se brouille avec l'Espagne en renvoyant l'infante, Marie Anne Victoire, fille du roi Philippe V, fiancée à Louis XV ("l'échange des princesses"), auquel il fait épouser en 1725, Marie Leszczynska, fille du roi déchu de Pologne  Stanislas Leszczynski. Le duc de Bourbon est disgracié en 1726, et le précepteur du roi, Fleury, devient premier ministre. Louis XV lui abandonne la réalité du pouvoir pour se lancer, après avoir fait bon ménage avec le reine (1725-1737), dans les intrigues amoureuses de Mmes de Mailly, de Vintimille, de Châteauroux, etc ... Fleury, timoré et prudent, cherche à conserver la paix à tout prix. Or, ni à l'intérieur ni à l'extérieur, il ne peut y parvenir. A l'extérieur, il est obligé de soutenir Stanislas Leszczynski au trône de Pologne, et il en résulte une guerre de succession, dans laquelle la France, alliée à l'Espagne contre l'Autriche, est victorieuse sur le Rhin et en Italie. Elle se termine par les traités de Vienne (1733-1788). Stanislas Leszczynski obtient la Lorraine qui, à sa mort doit être intégrer à la couronne de France. 

La succession d'Autriche amène une nouvelle guerre, dans laquelle Fleury doit intervenir malgré lui.  La France soutient contre Marie-Thérèse, fille de l'empereur Charles VI, les prétentions de l'Electeur de Bavière à la couronne impériale et celles du roi de Prusse Frédéric II à la possession de la Silésie. Louis XV, d'ailleurs brave et courageux, est en 1744, à la tête de ses armées, d'abord en Flandre, puis en Lorraine. Il tombe malade à Metz et, pendant quelques jours, il est en danger de mort. La monarchie est encore si populaire que, dans la France entière, on fait dire de nombreuses messes pour le salut du roi, surnommé dès lors le Bien-aimé.

Après la mort de Fleury en 1748, c'est la marquise de Pompadour, maîtresse officielle du roi depuis 1745, après Mme de Châteauroux, qui dirige en partie le gouvernement de la France. C'est elle qui inspire le choix des ministres et des généraux. Les récentes tentatives de réhabilitations de Louis XV ne nous ont apporté aucun élément probant. Le "secret du roi", qui commence en 1746, n'est pas plus fructueux que la politique officielle. Après la paix d'Aix-la-Chapelle en 1748, qui met fin à la guerre de succession d'Autriche et par laquelle Louis XV, oubliant les victoires de Fontenoy (1745), de Rocourt (1746), et de Lauffeld (1747), sacrifie les conquêtes du maréchal Maurice de Saxe aux Pays-Bas et celles de Joseph François Dupleix de Pondichéry en l'Inde.

La France jouit de quelques années d'une paix sans prospérité. Louis XV s'adonne de plus en plus aux plaisirs. C'est l'époque du Parc-aux-Cerfs, dont on a beaucoup exagéré les scandales.

A l'intérieur les tentatives de réforme de Jean-Baptiste Machault d'Armouville échouent. Le pouvoir central perd son autorité dans une lutte sans cesse renouvelée soit avec les jansénistes, soit avec les parlementaires. La guerre de Sept ans de 1756 à 1763, où la France est entrainée en grande partie par l'alliance autrichienne, et dans laquelle ses armées et surtout ses flottes subissent de cruels revers, s'achève par le traité de Paris, signé le 10 février 1763, où elle perd le Canada et les Indes. 

Le duc de Choiseul fait les efforts les plus louables pour relever le pays entre 1750 et 1770 ; il réorganise l'armée, la marine. Il expulse les jésuites ; il signe avec les Bourbons d'Espagne et d'Italie, en 1761, le Pacte de famille, mais il déplait à Madame du Barry, sa nouvelle maîtresse qui remplace Madame de Pompadour, alors il est disgracié.

De 1770 à 1774, le gouvernement est dirigé par le duc d'Aiguillon, René Nicolas Maupeou et l'abbé Joseph Marie Terray, triumvirat tout à fait déconsidéré. Le duc d'Aiguillon (de son vrai nom : Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu, arrière-petit-neveu du fameux cardinal) ne fait rien pour empêcher le partage de la Pologne ; Maupeou supprime les parlements ; Terray aboutit à une banqueroute sans précédent. Et la royauté se déconsidère de plus en plus en la personne de Louis XV, auquel on reproche, d'ailleurs à tort, d'avoir spéculé sur les graines et organisé le Pacte de famine.

Louis XV meurt le 10 mai 1774, à Versailles, des suites de la maladie (septicémie aggravée de complications pulmonaires), dans l'indifférence du peuple et la réjouissance d'une partie de la cour. Variolique, il n'est pas embaumé : il est le seul roi de France à ne pas avoir reçu cet hommage post-mortem. C'est accompagné seulement de quelques domestiques, et d'une petite escorte de gardes du corps, que le cercueil du roi est conduit jusqu'à Saint-Denis, la nuit du 12 au 13 mai. Il laisse le trône à son petit-fils, le duc de Berry, qui devient Louis XVI.

Par son égoïsme et son inertie, il a porté le coup le plus funeste aux institutions monarchiques dont l'usure s'accuse de plus en plus. Les plaies financières apparaissent comme inguérissables. Les améliorations intérieures sont l'oeuvre non du pouvoir central, mais des intendants. Philosophes et économistes préparent, en dénonçant les abus que la royauté ne peut corriger, la chute de l'ancien régime. Il convient de ne pas oublier cependant que, sous le règne de Louis XV, la Lorraine et la Corse sont rattachées à la France.

Louis XV laisse trois petits-fils : les futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. De ses six filles, une seule aura une descendance, Louise-Elisabeth (Madame Première) en devenant duchesse de Parme, de par son mariage avec Philippe 1er de Parme.

Chronologie de Louis XV             Version longue

Régence Philippe d'Orléans
Louis XIV                    Louis XVI
Les Bourbons